Et puis j'ai grandi sans me soucier de la graine qui avait germé en moi. A 20 ans, je passais tout mon temps avec mes amis ou bien à pratiquer assidûment mon sport : la gymnastique. J'étais passé à côté de mes études, sans vraiment m'en soucier d'ailleurs, tellement ces années-là avaient été troubles, tantôt déchirées par les mouvements révolutionnaires des années 60-70, tantôt euphorisées par l'avènement de la music « Pop » et son mouvement « Peace and Love ».
Et puis des cartes géographiques sur des murs, dans ma chambre, dans des lieux publics ou des bureaux ... Cartes qui appelaient mon regard, ferraient mes yeux, interpelaient mon subconscient jusqu'à me rappeler mon flash de jeunesse. C'était reparti! L'aventure me guettait, une passion s'annonçait qui s'immisçait de plus en plus souvent dans mes pensées, là où des images commençaient à s'afficher. Et alors que ces matières ne m'avaient pas vraiment attiré jusqu'au Baccalauréat, l'Histoire et la Géographie décidaient de s'emparer de mon esprit jusqu'à le squatter. Le marathon avait démarré alors que je n'étais pas inscrit, il m'avait enrolé sans formalisme et encore moins de formalités.
Je me lançais alors dans l'écriture des pensées qui me transperçaient sans jamais savoir où tout cela pourrait bien me mener, puis franchissais une étape importante le jour où je commençais à traduire mes pensées en dessin. Dessiner mes pensées! Je vous laisse imaginer!
Et alors que vingt années s'étaient ajoutées aux premières, je ne tardais pas à imager une bonne soixantaine de pays et continents, des pays dont j'avais extirpé l'identité sans plus de travail que l'étude approfondie de leur forme grâce à une communication intime qui s'était immiscée dans nos relations.
Ce n'est que bien après, et avec l'arrivée de l'Internet que, comparant mes idées et dessins à l'histoire des pays que j'avais identifiés, sinon à leur coutume ou bien à d'autres critères, je compris que j'avais ouvert une brèche, une sorte de nouvelle dimension dans ces pays qui ne nous avaient pas tout dit, pas tout révélé. Et les vers de Baudelaire dans « Spleen et Idéal » prenaient alors tout leur sens:
« ... la nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles; l'homme y passe à travers des forêts de symboles qui l'observent avec des regards familiers ... ». J'avais mis la main sur ce code que Verne, Michelet, Napoléon et bien d'autres avaient pressenti ...
Code bien exigeant tellement il demande énergie, temps, disponibilité, et autant de connaissances dans tellement de domaines.

France
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